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“Au XIXe siècle, on a recruté des bras. Au XXe siècle, on a recruté des cerveaux. Au XXIe, on recrute des cœurs”

Mokhtar Zannad, Directeur Général de Nielsen,
Lauréat du prix de l’Entreprise innovante, édition 2016, du Forum Hub Africa.

ACTUALITÉS

Crise climatique : Risque majeur pour le business en Afrique ignoré par les dirigeant.e.s d’entreprises

Dans le contexte actuel de permacrise, la crise climatique est l’une des plus grandes menaces pour l’Afrique et ses entreprises.

Mais très peu de dirigeant.e.s d’entreprises africaines placent ce risque climatique parmi leur priorité. 

Rares sont les organisations patronales, les syndicats d’employeurs et même les entreprises qui ont déjà analysé les Contributions Prévues Déterminées au niveau National (CPDN) de leur pays. 

Il s’agit pourtant des documents de référence dans lesquels chaque État précise sa stratégie, son objectif de réduction et son plan d’actions par secteur d’activités, pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et contribuer aux objectifs mondiaux de lutte contre le changement climatique définis dans le cadre de l’Accord de Paris.  

C’est d’ailleurs sur la base de ces CPDN que les États africains mobilisent les financements internationaux pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. 

Ils ont donc une obligation de résultats pour la levée des fonds carbones. 

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement qui aura lieu le 5 juin et à 6 mois de la COP 27 (Conférence des Parties) sur le changement climatique qui aura lieu en novembre en Égypte, j’ai fait un rêve. 

Après la lecture de cette newsletter, les cadres et dirigeant.e.s africain.e.s prennent conscience du risque majeur que représente le changement climatique pour leur business et lancent la mobilisation générale avec la mise en place des actions suivantes :

  • Formation des cadres et dirigeant.e.s sur le changement climatique ainsi que ses risques et opportunités pour leurs business, 
  • Réalisation de bilans carbones et adoption de stratégies bas-carbones, 
  • Création de commission sur le changement climatique, l’économie verte et l’économie bleue au sein des organisations patronales, les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), les syndicats ou associations d’employeurs, 
  • Forte implication des entreprises, des patronats, des CCI et des réseaux d’employeurs dans les initiatives nationales (CPDN) et les discussions internationales (COP) sur le changement climatique, 
  • Réalisation d’étude sur l’impact du changement climatique sur les entreprises africaines.

Le retard dans la prise de décision coûtera encore plus cher. 

Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, les coûts annuels d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement, actuellement estimés à 70 milliards de dollars, passeront à 300 milliards de dollars d’ici 2030 et à 500 milliards de dollars d’ici 2050.

D’après Tanguy GAHOUMA-BEKALE, Président du Groupe Africain de Négociateurs sur le Changement Climatique dans le cadre de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique), les gouvernements africains consacrent entre 2 et 9 % de leur Produit Intérieur Brut (PIB) au financement des programmes d’adaptation au changement climatique

Alors que la planète est lancée dans un mouvement mondial de décarbonisation de l’économie, il est très surprenant de noter l’absence de réflexion stratégique et le peu d’implication du secteur privé africain sur cette problématique.

L’une des principales résolutions de la COP 26, organisée l’année dernière à Glasgow, est l’interdiction du financement des énergies fossiles au-delà des frontières.

Les pays du G7 se sont engagés, la semaine dernière, à décarboner leur électricité et cesser les subventions aux énergies fossiles à l’étranger dès cette année. 

Pour la première fois, les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon et le Canada ont pris la décision de mettre fin, dès cette année, à tout financement international de projets liés aux énergies fossiles. 

Il s’agit d’un signal fort envoyé aux banques, fonds d’investissements et investisseurs de leurs pays respectifs.

Ce qui augmente encore le risque pour le financement des énergies fossiles en Afrique compte tenu de la forte dépendance du continent aux capitaux étrangers pour ces investissements. 

L’accès à l’énergie à bas coût étant au cœur du développement des activités économiques, on peut imaginer les conséquences en chaîne sur les autres secteurs d’activités (transport, logistique, agriculture, industrie, mine, BTP, etc.)

Plusieurs pays africains tirent leurs revenus de la vente du carbone (pétrole, gaz, etc.) ou des activités, comme le tourisme, la foresterie ou l’exploitation des ressources naturelles qui sont au cœur des négociations internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

A cause de la crise climatique, l’accès aux financements pour le développement des activités économiques en Afrique sera de plus en plus en contraignant.

Selon Alain Daouda BAMBA, Group Head of Environment and Social Risk Management at ABI (Groupe Banque Populaire), les risques financiers suivants liés au changement climatique sont scrutés par les régulateurs, les banques et les établissements financiers :

  • Les risques physiques liés à l’impact du changement climatique sur les actifs financiers détenus par les banques et établissements financiers dans leur portefeuille,
  • Les risques de transition dus à la modification dans les conditions du marché pouvant entraîner la dépréciation d’actifs financiers ou stranded asset,
  • Les risques de responsabilité découlant des procès dus à la responsabilité fiduciaire des banques. 

A cause des Principes de l’Équateur, les banques sont dans l’obligation de refuser le financement des projets de plus de 10 millions de dollars si les risques ESG (Environnement, Social et Gouvernance) sont très élevés. Quasiment toutes les institutions financières ont signé ces Principes. 

En plus des restrictions pour l’accès au financement, les entreprises africaines, qui ne s’engagent pas dans la lutte contre le changement climatique, auront également des difficultés pour trouver des partenaires commerciaux.

MARWAN SHAKARCHI PDG de MKS PAMP, un des grands raffineurs d’or et de métaux précieux, basé en Suisse, a annoncé le 18 mai l’alignement de l’entreprise sur l’Accord de Paris et la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. 

Dans ce cadre, il envisage désormais l’exclusion de sa chaîne d’approvisionnement des mines d’or qui ne sont pas engagées dans la réduction de leur impact climatique.

Ce qui est risque pour l’industrie aurifère africaine car il n’est pas le seul. 

Au niveau mondial, le secteur minier est soumis aux pressions pour la réduction de 35 % émissions de Gaz à Effet de Serre pour respecter l’Accord de Paris. Ce qui est possible selon le World Gold Council. 

L’Afrique émet à peine 4 % (3,3 % selon la Fondation Mo Ibrahim) des émissions mondiales de GES mais c’est déjà le continent qui subit et subira le plus les conséquences du changement climatique. 

Sécheresse, inondation, retard ou absence de pluie, etc. ont déjà des conséquences économiques très importantes en Afrique notamment pour le secteur agricole et agro-alimentaire. Et ce n’est qu’un début.

Malgré sa très faible contribution aux émissions mondiales de GES, il est urgent pour l’Afrique de décarbonnée son économie.  

Il est utile de rappeler que toute activité économique est liée à la consommation de l’énergie et donc à la production du dioxyde de carbone (ou d’équivalent). 

Toute action pour la réduction du bilan carbone est une action pour la réduction des coûts. 

A l’heure où la Commission Européenne est en voie d’adopter une taxe carbone aux frontières appelée Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), le secteur privé africain paiera très cher son indifférence face au changement climatique.

Thierry TENE

Associé et Directeur

Afrique RSE

Coordonnateur du réseau RSE ODD Afrique

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